Co-dépendance

C'est le fait d’épargner à la personne dépendante les conséquences de ses comportements, choix, non choix, consommations, etc.

  • si vous vivez avec une personne dépendante d’une drogue (comme du travail),

  • si vous êtes toujours prêt à voler au secours d’un tiers en sacrifiant votre propre épanouissement,

  • si vous vous sentez responsable de tous et de tout parce que les autres ne se sentent responsables de rien,
    vous êtes codépendant.

Si le dépendant est la personne alcoolique, toxicomane… la personne codépendante est un proche un conjoint, un ami, un collègue de travail…. Comment les codépendants vivent-ils ceci au quotidien?

On sait très bien que lorsqu’il y a dépendance ce n’est pas seulement le malade qui souffre mais que tout son entourage est en général très affecté. Il y a un véritable mécanisme de codépendance qui s’installe.
Ces personnes codépendantes commencent à essayer d’aider la personne dépendante. Elles sont convaincues que si elles font encore plus d’efforts, plus de concessions, que si elles sont encore plus patientes, elles vont réussir à aider la personne à s’en sortir.
Or, encore une fois, la dépendance à l’alcool, aux drogues… est une maladie. En tant que maladie, elle ne peut pas être soignée par les proches. Ceux-ci, en essayant de «soigner» l’autre finissent par entrer dans des relations fusionnelles avec la personne dépendante. Toute leur vie, ils s’adapteront à l’état de cette dernière.
Ils s’oublient. Ils ne pensent pas à eux, et surtout, point très grave chez les Co dépendants, ils se culpabilisent. Ils sont convaincus que c’est eux LA cause de la dépendance de la personne «malade».
Cette culpabilité, cette honte fait que ces personnes s’isolent et ne demandent pas d’aide parce qu’elles estiment que tout est de leur faute. Alors elles font tout pour essayer de sortir la personne de cette dépendance. Or, elles n’en n’ont ni les possibilités ni les «outils» pour y arriver. En général cela représente 10, 15 ou 20 ans des souffrances, pour les uns et pour les autres. Puis arrive un moment ou les personnes codépendantes disent fermement  « je n’en peux plus! ».

 
Donc le rôle de la personne codépendante serait de faire accepter à la personne dépendante d’entamer une procédure de soins?
Oui. Mais c’est très difficile. Et pour cela, il est très important que les personnes codépendantes disent qu’elles n’en peuvent plus. Un chiffre parlant illustre tout à fait ce rôle fondamental des proches : à la Métairie, 95 % des patients de l'Unité des Maladies de la Dépendance viennent suivre un traitement sur la pression de la famille ou de leur médecin traitant. C’est une maladie où il y a beaucoup de déni. C’est-à-dire que la personne ne se rend pas compte de ce qui se passe alors c’est à l’entourage de réagir voire de pousser la personne à demander de l’aide.

Il vous reste à vous affranchir des problèmes des autres et
à vous épanouir pour ensuite mieux les aider: cela vous rendra la liberté.

Mélody Beattie, " Vaincre la codépendance "

  • L'enchaînement dramatique

Progressivement, tous les membres de l’entourage direct (familial, professionnel, soignant, thérapeutique) d’une personne dépendante se trouvent pris sous le poids d’une responsabilité telle que chacun se sent peu à peu responsable, voire coupable des dysfonctionnement du groupe et non seulement de la personne dépendante: tous les éléments sont alors réunis pour que chacun soit bloqué dans une relation triangulaire sans issue où il se sent à la fois "victime/coupable", "persécuteur/attaquant", "sauveur/défenseur".

  • Triangle dramatique de Karpmann

Lorsque tous les protagonistes sont pris dans les interactions de la codépendance, ils sont dans la situation illustrée ci-dessous où chacun consacre son temps et son énergie à jouer ses rôles en les permutant jusqu'à l’épuisement.

 

Revivre

Si la personne dépendante doit faire un travail total de réorientation de sa vie pour pouvoir stopper le processus de sa maladie et développer une qualité de vie qui la satisfasse, de même l’entourage direct doit effectuer un travail de remise en cause de toutes ses attitudes.
Ce travail doit permettre non seulement de (re)trouver une harmonie personnelle, mais aussi éviter d’induire un retour possible aux produits chez la personne dépendante.
Enfin, ce travail ne doit pas se faire seul ; rappelons que, tant les attitudes de dépendance que les attitudes de co-dépendance, ont conduit les personnes à un isolement mortifère dont il s’agit de sortir pour pouvoir revivre.

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