Comment gérer la responsabilité d’une personne dépendante, sous substance, qui n’arrive plus à faire le point des valeurs et des mesures?
Nous disons clairement que la personne dépendante n’est pas responsable de sa maladie mais qu’elle est responsable de son rétablissement. En général, les personnes délaissent leurs responsabilités lorsqu’elles consomment c'est-à-dire lorsqu’elles sont dans la phase «active» de la maladie. Naturellement, face à l’aggravation de la maladie, elles se responsabilisent de moins en moins alors que l’entourage, en revanche, se sur-responsabilise, c’est-à-dire qu’il assume les responsabilités de l’autre. Cette situation est en fait un véritable cercle vicieux dans lequel la personne dépendante continue à ne pas affronter ses responsabilités. Dès qu’elle se soigne, elle commence peu à peu à assumer de nouveau ses responsabilités tout simplement parce qu’elle en est capable. Le rôle de l’entourage est, à ce moment, de laisser la personne se rétablir, la laisser reprendre ses responsabilités et se responsabiliser d’elle-même, de son propre bien être car souvent elle s’est négligée.
En fait, la 1ère grande difficulté pour se responsabiliser, c’est de prendre la décision de se faire soigner. Mais la personne malade en est-elle capable? Si elle n’est plus responsable de rien, est-ce à l’entourage de prendre la décision?
C’est précisément pour cela que l’entourage doit faire beaucoup de pression pour que la personne dépendante assume la responsabilité de se soigner. Il y a le diagnostic, il faut déjà l’assumer puis assumer le traitement. En se disant «je peux me soigner», il y a un premier pas vers la responsabilisation et ensuite viendront toutes les autres responsabilités (financières, familiales, professionnelles…) qui ont été délaissées et qui pourront à nouveau être assumées.
Pour quelqu’un qui décide de se faire soigner, y a-t-il un retour immédiat à la réalité ou alors observe-t-on quand même un long laps de temps avant le retour à cette réalité?
En général les malades dépendants sont impatients de reprendre leurs responsabilités, car ils se rendent compte tout d’un coup qu’ils ont laissé des choses de côté et qu’avec un sevrage associé impérativement à un traitement psychologique ils retrouvent des forces et de l’énergie. Ils ont donc à nouveau très envie d’entreprendre des choses.
Est-ce que ces gens retrouvent très vite le moral et le dynamisme?
Oui, ils le retrouvent mais ils restent néanmoins fragiles avec une certaine vulnérabilité. C’est pour cela qu’il faut travailler sur le long terme. Il y a peut-être un enthousiasme initial qui peut ne pas être suffisant face à une situation difficile qui surgit tout d’un coup, face à une vie plus ou moins stressante. N’oublions pas que la personne doit apprendre à gérer beaucoup de choses sans substances, elle est alors vulnérable et c’est pour cela qu’il faut aller lentement.
Donc il faut effectivement de la patience pour la personne concernée et pour l’entourage aussi ?
Oui, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut surtout persévérer dans le traitement puis dans sa nouvelle vie libre de toutes substances
Commentaires